"Conter Fleurette" ... beaucoup de monde connaît cette expression. J'ai découvert son origine au cours de vacances gersoises et de la visite de NERAC. A l'appui de mes dires et écrits vous pourrez consulter cette page :
http://www.psychanalyste-paris.com/Conter-fleurette.htmlImages de "La fontaine de Fleurette" à Nérac.
Résumé pour ceux qui n'iront pas voir la page susnommée :
C’est à Horace Raison que nous devons d’avoir retrouver l’origine historique du vieux dicton "Conter fleurette". Ce dicton provient d’une histoire unissant en un instant crucial, l’un des plus grands personnages de l’histoire française, à une illustre inconnue, qui pourtant, aura elle aussi gravé de son empreinte l’histoire en laissant son nom au dicton : à savoir le roi Henri IV et une paysanne nommée Fleurette.
Henri IV était alors âgé de quinze ans, lorsqu’en 1566 il reçut à Nérac son cousin, le roi Charles IX, venu pour visiter la cour de Navarre. Au cours des nombreuses fêtes organisées pour agrémenter le séjour du roi, le jeune Henriot (tel qu’on l’appelait encore à l’époque) se fit surtout remarquer par son ardeur, et notamment à l’épreuve du tir à l’arc.
Ce jeu consistait à l’époque à fendre en deux une orange placée à bonne distance du tireur. Le roi Charles affectionnait tout particulièrement ce jeu d’adresse, et alors qu’aucun des courtisans - et pas même le duc de Guise nous précise Horace Raison, qui pourtant excellait à cet exercice -, n’aurait eu la maladresse de s’y montrer plus habile que le roi, lorsque le tour d’Henri vient, il fend pourtant du premier coup l’orange de sa flèche.
Charles fait alors preuve d’humeur, bouscule Henri, dont le sang ne fait qu’un tour : il s’indigne, recule de quelque pas, bande son arc, et pointe sa flèche sur la poitrine du roi. Ordre est alors immédiatement donné d’éloigner le bouillant cousin.
Le lendemain, Charles trouve un prétexte pour ne point paraître au jeu, et le duc de Guise laisse alors exprimer tout son art. Soudain à court d’orange, le duc se saisit d’une rose qui brillait au sein d’une des jeunes filles qui assistait au spectacle, et la met en lieu et place de l’orange manquante. Le duc tire le premier, rate la fleur, mais la flèche d’Henri, qui lui succède, atteint son but. Henriot se saisit alors galamment de la fleur par la flèche qui lui sert de tige, et court la rendre à la jolie villageoise, sans la détacher : c’est le coup de foudre !
Retournant au château, Henri apprend que la belle enfant se prénomme Fleurette, qu’elle habite un petit pavillon aux environs de la fontaine de la Garenne, avec son père, jardinier du château.
Le lendemain, Henri se lance dans les plantations, travaille au jardinage, et demande à être aidé par le père de Fleurette, s’offrant ainsi le meilleur des prétextes de courtiser - c’est-à-dire d’en "conter" à : Fleurette. Jusqu’à ce qu’un soir, au clair de lune de la fontaine de la Garenne, "la bergerette" de quatorze ans et le "prince de Béarn" finissent par connaître tous les deux et pour la première fois l’amour charnel.
L’histoire nous dit que le précepteur du prince (Lagaucherie), furieux du distrait de son élève royal, fini par éloigner le prince, en l’attirant vers Pau, pour de là se rendre à la fameuse entrevue de Bayonne, où fût paraît-il résolu le massacre des Protestants. On connaît la suite : comme le dit subtilement Horace raison, "les filles d’honneur de Catherine de Médicis s’étaient chargées du soin d’effacer de son souvenir l’image de la pauvre petite Fleurette". Aussi, conclue Horace Raison, "l’histoire ne fait-elle aucune mention de Fleurette, et nul éditeur ne s’avise d’annoncer pompeusement ses Mémoires. Par une heureuse compensation toutefois, la galanterie a pris son joli nom sous ses auspices et s’est chargée de perpétuer la gracieuse mémoire de la jolie et tendre enfant, à qui l’on ne saurait se défendre de donner un doux souvenir, chaque fois que l’on tente de conter fleurette".