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Table des matières
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Intégralité du blog

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Journal d'une exhibition
deuxième partie

La cohibition


La cohibition - première soirée
Entre deux soirées - premier intervalle
La cohibition - deuxième soirée
Entre deux soirées - deuxième intervalle
La cohibition - troisième soirée

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Image attachée

Journal d'une exhibition
première partie

L'exhibition


Prologue - avant l'exhibition
L'exhibition - premier chapitre
Épilogue du premier chapitre
Prolégomènes au deuxième chapitre
L'exhibition - deuxième chapitre
Épilogue du deuxième chapitre
Prolégomènes à un troisième chapitre
Troisième chapitre - après l'exhibition

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Transversales


L'amour
Les regardants
Le blog
Le silence

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Lisez les textes de cette colonne
Au fur et à mesure de l'évolution du Journal, nous avons tenté de l'introduire et de le présenter conformément à notre état d'esprit du moment. Ci-dessous, donc, ces différentes étapes qui ne se remplacent pas mais s'ajoutent les unes aux autres.

La deuxième partie
Ce blog existe depuis septembre 2006. Certains ont pu suivre la succession des différentes humeurs qui l'ont traversé. Pour les résumer rapidement, on peut dire qu'il y eut une première phase dominée par une certaine euphorie spéculaire. Né pour accompagner, prolonger et dépasser la publication d'images indécentes que nous avions commencée sur un certain site d'exhibition, il en vint à la supplanter. À la fin du premier chapitre de la première partie, cependant, ayant achevé de raconter ce parcours, nous nous trouvâmes un peu… dépourvus. Désireux de poursuivre, nous sentions pourtant que quelque chose résistait, aussi bien sur le terrain des images produites que sur celui de leur publication et de leur inscription dans un discours. Des péripéties personnelles vinrent opportunément, si on peut dire, suspendre notre présence sur Internet. Quand nous la reprîmes, quelques mois plus tard, une certaine régénération intime avait opéré, qui nous permit un deuxième chapitre assez serein. Tellement serein qu'il nous vint d'imaginer de poursuivre le blog sous une autre forme, peut-être plus construite, comme celle d'un site. Revint cependant, avant que nous ayons pu donner corps à cette autre forme, le sentiment de buter sur une triple limite, limite des images (cette limite-là – il faudrait en parler longuement et nous avons parfois essayé de l'évoquer – est d'ordre esthétique sans l'être, elle consiste dans le rapport que nous avons avec les images que nous publions), limite de la pratique internautique (qui consiste en un dialogue perpétué in absentia, c'est-à-dire dans la répétition par transfert – mais transfert sur qui ? – d'un impossible), limite de la dimension sexuelle de cette forme d'exhibition. Ces trois limites ressortissent à deux grands paradigmes : le temps et l'autre (pardon à Lévinas, qui n'a sans doute pas mérité d'être cité ici, et pardon de ne pas développer). Parallèlement à l'épreuve de ces limites, nous recevions les images de Stock, et s'imposa ce que nous pressentions : l'exhibition n'est pas celle des exhibants, mais celle de l'œil qui les regarde. Que cet œil soit soudain au-dehors de nous, que nous apparaissions ensemble sur des images où quelque chose se donne à voir – quelque chose qui est au principe, si l'on ose dire, de « Laurier » – et voilà qui paraissait clore notre projet, du moins celui de l'exhibition en tant que telle, comme si elle n'avait eu d'autre but que faire advenir à nos propres yeux ce que n'importe quel autre que nous peut voir. Cette forme d'aboutissement, conjuguée avec l'épreuve sans cesse renouvelée des limites déjà évoquées, nous a conduits à prévoir de mettre un terme définitif au Journal d'une exhibition, considérant du reste que l'exhibition telle que nous avions tenté de la définir tout au long du blog était désormais terminée. Dans une large mesure, cela reste vrai. Et pourtant, nous poursuivons – en tentant de définir un nouveau projet, qui appartient au Journal de l'exhibition, tout en venant après lui, et après, donc, le troisième chapitre, celui-là même que nous avions intitulé Après l'exhibition. Dans ce nouveau projet, il s'agira donc d'une exhibition d'après que l'exhibition est finie. En quoi consistera-t-elle ? D'abord, elle prendra acte de ce que les mobiles sont aussi souterrains et obscurs que les limites, qu'ils ne les contredisent pas, peut-être même qu'ils coïncident avec elles. Ensuite, elle intègrera la présence des tiers, elle s'appuiera sur cette présence, elle en fera même son motif, étant une sorte de diffraction, de redistribution de la relation narcissique que nous entretenons avec nos images. Enfin, peut-être et par là même, elle tentera de rapatrier le sexuel dans son périmètre. Nous prévoyons, pour le moment, de la déployer en « soirées », parce que, ce dont il s'agit, c'est une « scène », toujours recommencée…

brouillon, juin 2008

Le troisième chapitre
Le troisième chapitre est un non-chapitre. Il ne correspond à rien de ce que nous avons essayé d'énoncer à son propos dans Épilogue du deuxième chapitre et dans Prolégomènes à un troisième chapitre. Il s'intitule Après l'exhibition pour des raisons qui sont ici exposées un peu plus en détail. Il pourrait tout aussi bien appartenir à la catégorie Le silence. Il sera du reste probablement peu bavard.

10 février 2008

L'épilogue du deuxième chapitre
Cet épilogue devrait constituer la fin du blog, le troisième chapitre ayant à nos yeux vocation à se développer ailleurs. Épiloguer nous sert d'une part à évoquer ou à esquisser, de loin en loin et pour nous-mêmes, les directions que pourra prendre par la suite l'exhibition, d'autre part à dresser sans rigueur une sorte de bilan de ce que nous avons tenté ici, tout au long des deux premiers chapitres et de leurs à-côtés.
Dans les différents textes de cette colonne, vous trouverez les termes dans lesquels nous avons successivement présenté le blog et notre projet. Certains de ces termes sont devenus caducs au fil du temps, d'autres nous paraissent éclairer encore aujourd'hui notre état d'esprit et nos souhaits.
Il se peut aussi que, même si nous parvenons à mettre sur pied le site auquel nous rêvassons actuellement, le blog se poursuive quand même, sous une forme qui reste à déterminer, pour en donner une sorte d'écho extérieur (mais cela n'est pas sûr, d'abord parce que c'est, pour autant que nous ayons su en comprendre l'esprit, contraire à la charte de Voissa, ensuite parce qu'il se peut que nous n'ayons ni le temps ni l'envie, à terme, de poursuivre conjointement les deux entreprises). Ces quelques lignes pour dire, donc, les questionnements où nous sommes en ce moment, et aussi pour expliquer le désordre, l'incertitude et la dimension parfois un peu indirecte de l'exhibition présentée dans cet épilogue.
Nous sommes intéressés par toutes les remarques, suggestions ou réflexions ayant un rapport avec l'ensemble des propos ou des images que nous présentons ou avons présentés ici.
Vous disposez pour cela des commentaires, évidemment, et vous pouvez également nous écrire à cette adresse.


29 octobre 2007
modifié le 19 novembre

L'exhibition - deuxième chapitre
Ce blog a connu une première période, un premier projet (que vous trouverez explicité et commenté dans les textes ci-dessous tels qu'ils se présentaient à l'origine), puis il y eut, à l'aube d'un deuxième chapitre alors hypothétique, une interruption de plusieurs mois (entre les billets du 18 janvier et du 19 août 2007), pendant laquelle le blog n'était plus accessible. Nous ne dirons rien des causes de cette interruption mais, ce que nous pouvons dire, c'est que nous avons repris le cours du blog plus et moins sérieux que jamais, plus fermes, plus joyeux peut-être aussi, et avec l'intention de mener l'exhibition vers des rivages apaisés (demi-paix qui se puise au-dedans et qui tout autant l'alimente). Nous n'avons, pour ce deuxième chapitre, d'autre projet que de nous faire, dans la mesure de nos moyens, les diaristes d'une île intermittente tranchée sur l'eau des jours. L'île des moments clairs.
Il va de soi que nous n'en perdrons pas pour autant notre goût du cabotage sceptique, des circonvolutions faraudes et des rêveries en peau d'oignon.


20 août 2007

L'exhibition - premier chapitre
Le blog est d'abord en marge de la publication de nos images sur l'un des sites amateurs les plus fréquentés. Ce n'est sans doute pas tout à fait par hasard que son développement a coïncidé avec notre décision de cesser nos contributions au site en question (voir ce billet). Le blog se poursuivra désormais, mais il prend une tournure différente : il ne s'agit plus de rendre compte de l'exhibition, mais de la continuer. La forme même du blog modifiera sans doute la démarche de l'exhibition. En effet, sur le site, les images se présentaient seules ou presque, muettes, et ce mutisme était assurément un refuge de la pudeur. La pudeur se déplace donc, puisque assurément nous sommes ici infiniment plus bavards (on nous le reproche). Où la pudeur se cache-t-elle désormais ?

La petite introduction qui précède date du début du mois de décembre 2006. Avant qu'elle soit ajoutée, le projet premier du blog était introduit par les textes suivants, rédigés en septembre 2006 :


Le journal

Un blog anachronique, un journal au passé, une érotique de l'après-coup.
Il s'agit pour nous de rendre compte avec retard des effets d'une autre démarche.
Depuis le mois de février 2006, nous publions des contributions sur un célèbre site d'exhibition (ici, notre contribution la plus récente [ajout du 26 novembre 2006 : qui restera la dernière, pour les raisons exposées ]).
Sur ce blog, nous nous proposons de constituer l'histoire de cette démarche, de la réécrire en écho assourdi.
Nous republierons les « meilleures » images extraites de nos séries, mais aussi certaines qui, pour différentes raisons, n'ont pas été publiées, et nous rendrons compte également de certains des échanges suscités par nos publications. Une façon de rêver dessus, de leur donner un prolongement poétique ou spéculatif, de faire consister le fil de nos jours en un album d'indécence réfléchie. Nous allons reprendre les choses du début, bien certains de ne jamais rattraper le temps perdu, de ne jamais redevenir nos propres contemporains.
Ce blog est du reste une sorte de brouillon. Le brouillon d'un autre projet, peut-être illusoire, qui, sous une forme plus pérenne (album ou autre), ferait de tout cela une véritable narration.
Encore un détail : nous aurions aimé que le blog puisse être inversé, car tel que nous l'envisageons il gagnerait à être lu dans l'ordre. Or, cette fonction n'existe apparemment pas sur Voissa. Ce n'est sans doute pas si grave, mais nous aimerions, le jour où vous le découvrirez, s'il retient votre attention, que vous vous donniez la peine de le reprendre par sa source. Il n'est nullement en effet ici question d'actualité (c'est reposant).



Qui parle là ?

Laurier, c'est un couple. C'est le pseudonyme sous lequel nous avons choisi de publier nos photos. Nos photos, parce que, bien sûr, même si c'est surtout elle qu'on y voit, elle qui se montre, il va de soi que l'exhibition est assumée, voire revendiquée par nous deux. Certes, nous avons l'un et l'autre un rapport différent à cette démarche. Elle se montre, et lui la montre. À moins que ce ne soit tout à fait autre chose qui soit montré : c'est aussi pour élucider ce point que nous avons créé ce blog. À la fois pour prolonger la démarche, la redoubler, en augmenter l'audience même peut-être (quoique le ton adopté ici, nous en sommes certains, soit plutôt de nature à rebuter certains de nos regardants, mais tant mieux, allez, cela nous aidera à effectuer un certain tri), mais aussi et surtout en comprendre la nature propre.
Depuis le début de l'exhibition, une ambiguïté s'est installée pour les regardants. Beaucoup s'obstinent à l'appeler, elle, Laurier. Parfois cela nous agace (lui, surtout), parfois nous n'y prêtons pas attention. En réalité, on peut peut-être risquer ceci : c'est l'exhibition elle-même qui s'appelle Laurier.
Mais, ici, sur ce blog, qui parle ? Il serait difficile de le développer véritablement ensemble, à la fois pour des raisons d'emploi du temps (nous ne pouvons pas le faire avancer seulement dans les moments que nous partageons, et qui sont, parce que la vie le veut, très insuffisants), et aussi pour des raisons de cohérence. C'est pourquoi nous avons décidé le protocole suivant : les billets, le choix des photos, la rédaction du blog lui-même, c'est lui qui l'assume. Elle intervient aussi, mais seulement par le moyen des commentaires. Ainsi, un degré de plus est donné à la réflexivité : elle se montre, il la montre, il raconte cette monstration, elle revient sur ce qu'il raconte.
Concrètement, la signature Laurier dans les billets le désigne, lui (lui : X.), la même signature Laurier dans les commentaires la désigne, elle (elle : D.).



De l'usage de ce blog

Tous les commentaires sont les bienvenus. L'idéal serait néanmoins qu'ils s'efforcent de tenir compte de l'esprit de ce blog, qui ne constitue pas l'exhibition en elle-même, même s'il la contient et la prolonge sur un plan un peu différent, mais qui se veut un regard sur elle. Vous pouvez par ailleurs nous écrire à cette adresse, qui est celle où renvoient les pages du site sur lequel se poursuit l'exhibition proprement dite (nous préférons de très loin les mails aux MP). Nous aimerions donc qu'ici, vous écriviez plutôt pour participer de là où vous êtes au projet propre du blog.
Quant aux « notes », nous les désactiverions si c'était possible.


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Les regardants
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Nous avons ajouté ce gadget le 21 janvier 2009, amusés par l'idée d'augmenter nos images de celle – envahie progressivement, au fur et à mesure qu'on nous regarde, par d'horribles taches jaunes ou rouges comme par autant de « trous » – d'un monde que notre époque s'imagine avoir inventé (l'avoir fait monde en le « mondialisant »), alors qu'elle ne fait, petit à petit mais inlassablement, que, rongée par la haine, le transformer précisément en image, c'est-à-dire le détruire.
(Nous sommes en outre impatients que soit disponible un tel gadget, mais présentant, au lieu de ces disques rudimentaires, le nom, l'adresse, l'âge, la profession, les revenus, la situation de famille, la généalogie, ainsi que les préférences sexuelles, politiques et alimentaires de chaque regardant, avec extrait de casier judiciaire et rapport d'expertise psychiatrique à télécharger.)

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entry 11/06/09 à 17h03
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entry 08/06/09 à 13h15
Rappel des circonstances de cette nuit du 18 au 19 octobre 2008. Voir la page de nos amis millaetkosuke.

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entry 02/06/09 à 13h16
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entry 27/05/09 à 17h06
Il n'y a qu'un bout du monde, et c'est ici, proclamait l'homme à mesure qu'il avançait et qu'il n'en finissait pas de l'entraîner avec lui… Et je me demandais si c'était l'imminence de la fin qu'il annonçait, le cap atteint – le cap mis vers une autre réalité, peut-être – ou s'il entendait prouver, poursuivant sa marche en répétant la même parole, la rigueur de l'immuable dans son accomplissement.

André Frénaud


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entry 17/05/09 à 12h11
Le temps ne nous appartient pas. Avance, retard – le Rythme, voilà l'Impossible.

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entry 13/05/09 à 12h03
La présence excède la parole.
La parole excède la présence.
La présence excède la présence.
La parole excède la parole.
Telle sera, quand le temps sera venu, la seule – et faible – conclusion de ce blog.

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entry 04/05/09 à 12h30
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entry 25/04/09 à 17h08
Rappel des circonstances de cette nuit du 18 au 19 octobre 2008.

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Récit en marge

Rappel : Anamnèse 1 - Anamnèse 2 - Anamnèse 3 - Anamnèse 4 - Anamnèse 5 - Anamnèse 6 - Anamnèse 7

… Puis nous avons laissé filer sur nous l'hiver, et c'est seulement en avril 2006 que nous fîmes une nouvelle rencontre. Ce couple (V. et L.) nous avait envoyé un message qui nous avait plu, et un rendez-vous fut pris assez rapidement entre V. et D., puisque nous avions gardé de la deuxième soirée avec J. et M. l'idée qu'une conversation préalable entre femmes pouvait contribuer à favoriser les douceurs de la rencontre à quatre.

Cette conversation s'étant bien déroulée, certaines affinités s'étant révélées, une date, très proche, fut immédiatement retenue. Quelques jours plus tard, nous nous retrouvâmes donc au bar d'un restaurant de la rue Oberkampf. Le premier contact fut sympathique mais très retenu. L. semblait réservé, voire sombre, V. finalement un peu mal à l'aise. C'était leur toute première incursion (et, d'après ce que nous savons, ce sera aussi la dernière, du moins ensemble) vers les amours plurielles.

De notre côté, nous étions dans une période plutôt euphorique, des changements professionnels nous laissaient entrevoir des temps matériellement moins durs que ceux que nous avions jusque-là vécus ensemble, et la publication de nos premières séries sur le site (voir, pour comprendre, le prologue et le premier chapitre de la première partie de ce blog) nous mettait dans une humeur assez constamment érotique. Le fait, cependant, de nous trouver face à V. et L. dans une position presque d'initiateurs – alors que nos expériences étaient encore bien peu nombreuses, et qu'elles nous avaient d'ailleurs bien peu « initiés » nous-mêmes – nous amusait, certes, mais nous crispait un peu, aussi.

Le dîner se passa très bien, les affinités, disons « culturelles », constatées entre elles par les deux filles se confirmèrent à quatre. L'érotisme, présent dans la conversation, était cependant singulièrement absent des attitudes. L., en particulier, s'appliquait visiblement à éviter tout comportement pouvant ressembler à de la séduction (malgré certains atouts naturels qu'il aurait pu avoir pour cet exercice), cherchant même, pouvait-on à certains moments croire, à se rendre aussi antipathique que possible, sans être néanmoins en rien ni agressif ni discourtois. Quelque chose chez lui semblait seulement vouloir s'exprimer de la façon la plus brutale possible, comme s'il craignait par-dessus tout le mensonge ou l'artifice. Il paraissait ne pas voir que c'était, du coup, sa brutalité même qui passait pour un artifice, un vernis qui donnait quelque envie de le gratter. Mais, si sa brutalité n'était pas contagieuse, ni même tout à fait rebutante, l'angoisse, presque phobique, qu'elle trahissait l'était en revanche un peu, et personne ne se livrait véritablement.

Ce qui ressortait de leurs confessions ainsi plus ou moins déguisées était que, si l'initiative de s'aventurer vers les rencontres « libertines » venait de lui, il attendait en revanche tout d'elle pour la mener vers leur accomplissement. V. semblait, de son côté, partagée entre la bonne volonté qu'elle mettait à tenter de répondre à son attente, et l'incapacité où elle se trouvait, de ce fait, de s'interroger sur le désir propre, qui pourtant perçait, qu'elle pouvait en avoir.

Quant à nous, nous ne savions tout à fait sur quel pied danser. D. était plutôt glacée par la personnalité tourmentée de L., mais sincèrement attirée par V., et X. se sentait plus, face à eux, motivé par une curiosité humaine que par un élan sexuel (cela dit, c'est chez lui une hiérarchie des désirs assez constante). Quand vint le moment de décider ou non de poursuivre dans l'intimité la connaissance que nous avions difficilement commencé de faire les uns des autres, nous demandâmes la permission de nous isoler quelques instants pour nous « consulter », et leur laisser ainsi le loisir d'en faire autant.

Nous retrouvant tous deux au bar, nous étions à vrai dire d'abord indécis, et dans un premier temps plus portés à en rester là. Mais, sans que nous puissions dire vraiment pourquoi – le pressentiment peut-être que nous avions que les temps immédiatement à venir nous laisseraient peu de liberté et que nous devions tenter de profiter de cette soirée prévue pour ces plaisirs –, c'est la décision contraire que nous prîmes, et nous revînmes vers eux avec un sourire qui contrasta avec le sérieux qu'ils mirent à nous informer qu'ils avaient eux aussi décidé d'explorer plus avant leurs motivations.

Ils semblèrent un peu contrariés quand nous précisâmes que nous ne pouvions pas « recevoir » (un principe dont nous reparlerons sans doute dans une prochaine étape de ce « récit en marge »), mais acceptèrent de nous ramener chez eux (chez elle, en réalité, prirent-ils soin de nous préciser, alors même que pourtant ils y vivaient bel et bien ensemble). Le trajet dans la voiture (qui était aussi celle de V.) fut extrêmement silencieux, D. et X. assis ensemble à l'arrière (D. avait tenu à ce que nous ne nous séparions pas, trahissant sans doute par là les barrières dont elle commençait de s'entourer), V. au volant, et L. arborant de temps à autre des velléités humoristiques que son malaise et le vin du repas rendaient de plus en plus grinçantes.

On pourra légitimement se demander, à lire la description que nous faisons, à quoi nous nous attendions et pourquoi nous étions encore là. Il faut préciser cependant, beaucoup le savent, que gêne et maladresse peuvent tout à fait faire partie de la rencontre « libertine », et ne garantissent en rien son échec.

Bref, arrivés dans leur petit appartement au métro La Chapelle, nous nous installâmes autour de la table du salon, L. nous ayant immédiatement servi des verres dont il semblait le premier à avoir encore besoin. La conversation eut du mal à reprendre, jusqu'à ce que L. avoua avoir vu nos images sur le site. Cet aveu entraîna immédiatement deux effets fâcheux : l'un fut la réaction de V., qui l'apprenait visiblement en même temps que nous (elle apprenait à la fois que nous nous exhibions sur un site, que L. consultait solitairement ce site, et qu'il avait à notre sujet un « savoir » qu'il n'avait pas jugé bon de partager avec elle avant notre rencontre), et qui se rembrunit ; l'autre fut, à cause des commentaires dont il accompagna son aveu, un grandissant malaise chez D. Il lui confia en effet trouver qu'elle était bien différente de ses photos (sans dire clairement en quoi consistait cette différence : peut-être s'attendait-il à rencontrer une salope intégrale, quelqu'un en tout cas qui allait mener tout cela tambour battant et l'entraîner sans qu'il ait même à le vouloir vers des fantasmes dont il semblait plus que tout souhaiter qu'on les prenne en charge à sa place). Il énonça diverses considérations à leur propos dont il ne nous reste rien, d'autant que l'alcool ajouté à l'alcool commençait à rendre toutes les impressions fuyantes et friables.

Enfin, sans doute à cause de la tension, V. prit l'initiative. Elle proposa à D. de « visiter la chambre ». L. et X. demeurèrent donc tous les deux, et continuèrent à parler qui sait de quoi, si ce n'est que L. sentait bien qu'il n'avait cessé de « plomber l'ambiance », et bredouillait quelques excuses, certainement sincères. Au bout de quelques minutes, on entendait des gémissement en provenance de la chambre. X. passa la tête, et aperçut les deux femmes, nues sur le lit, chacune le visage dans l'entrecuisse de l'autre. Désireux de faire encore traîner les choses, à la fois pour leur laisser le temps de profiter de leur « tête à tête », si l'on ose dire, et aussi pour savourer l'attente avant de les rejoindre, il revint dans le salon, et tenta de relancer la conversation. Les gémissements se faisaient de plus en plus forts, et devinrent assez vite des cris.

C'est L. qui finit par se lever, décrétant qu'il était temps de se retrouver tous ensemble au lit. X. fit un détour par les toilettes, à la fois par besoin, mais aussi pour être sûr d'arriver le dernier et de trouver la scène en train avant de s'y introduire. Quand il arriva près du lit, L. s'était en effet glissé nu auprès des deux femmes, mais semblait un peu « interdit ». X. se déshabilla, et s'approcha de D. d'abord, ne serait-ce que pour la questionner discrètement sur ce qu'elle éprouvait et savoir si tout allait bien pour elle. La réponse fut positive et il commença à se laisser aller. Le désordre des gestes était certain. Il y eut immédiatement des contacts en tous sens, et quelques surprises. L., par exemple, qui s'était déclaré au cours du repas non hostile mais peu requis par la bisexualité masculine, donna à X., qui ne s'y attendait pas – et qui pour tout dire ne le recherchait nullement – un long et très vigoureux baiser. Tous les corps se croisaient, mais X. ne remarquait pas un évitement obstiné : D., en effet, passait de V. à lui, mais s'ingéniait à fuir le contact avec L., lequel, hormis ce baiser, restait singulièrement passif.

Soucieux, avant de s'abandonner à tout, de s'assurer sans cesse que D. aimait ce qui se passait, ne cessait de l'interroger, et elle de lui répondre que tout allait bien, malgré que la scène lui fût en réalité de plus en plus difficilement supportable. X. ne savait s'il devait croire ce qu'elle disait ou ce qu'il voyait, tenté pourtant de se laisser lui-même emporter par l'excitation qu'il éprouvait. Soudain, au milieu peut-être d'un baiser entre V. et X., D. se leva et s'excusa pour un moment, filant vers les toilettes. Tout le monde avait ressenti le malaise de D., mais personne ne savait encore si l'impression était fondée ou non. V. demanda à X. si D. se sentait mal, il répondit qu'il ne savait pas mais qu'il pensait que non. Les caresses continuèrent de s'échanger, mais un peu circonspectes, prudentes, incertaines.

D. revint s'allonger à nouveau sur le lit, mais juste sur le bord. L. entraîna V. vers l'autre bord, et les couples se reformèrent. X. pénétra D. tout en lui demandant ce qu'elle éprouvait. Elle ne répondait guère, il ne savait que penser, mais il se laissa aller à son envie. Elle attendit qu'il ait joui, puis lui souffla à l'oreille qu'elle souhaitait partir, tout de suite. V. et L., qui étaient de leur côté en pleine union, entendirent la demande, s'interrompirent. X. et D. se levèrent, s'habillèrent rapidement. L. se leva pour les accompagner, V. resta sur le lit, perplexe, déçue, silencieuse. Il y eut un échange d'excuses, de prétextes, de remerciements, d'au revoir, d'à bientôt, de questions avortées et de réponses vagues.

Très vite, D. et X. se retrouvèrent au bas de l'immeuble, ne comprenant pas eux-mêmes le tour que la soirée avait pris, et – il faut le dire – passablement remontés l'un contre l'autre. X. reprochait essentiellement à D. de n'avoir pas dit la vérité quand il lui avait demandé tant de fois si elle se sentait bien et souhaitait continuer. D. lui reprochait sans doute plus ou moins la même chose, c'est-à-dire à peu près d'avoir cru à ses simulations. Il lui opposait les gémissements et les cris de plaisir entendus quand elle était seule avec V., elle les traduisait après coup pratiquement comme des appels à l'aide. Ce qui était certain, c'est que le malaise de V. et L., le manque évident d'accord entre eux sur le terrain où ils prétendaient s'engager n'avaient eu aucun mal à balayer le début de confiance que nous croyions avoir pris, chacun pour soi et l'un dans l'autre, depuis nos premières expériences.

Toujours est-il qu'ensuite, dans le tout petit matin, nous parlâmes au Capucin pendant de longs quarts d'heure, avec véhémence et bien peu d'harmonie, de ce qui venait de se passer…

Cette rencontre devait mettre provisoirement un coup d'arrêt à nos escapades « libertines ». Quelques semaines plus tard, alors que nous cherchions à prendre des nouvelles de V. et L., ce dernier nous répondit qu'ils étaient séparés, qu'il ne savait pas le rôle que la scène que nous avions vécue tous les quatre avait joué dans cette séparation, mais qu'il était possible qu'elle en ait joué un. Quoi qu'il en soit, ajoutait-il, nous avions certainement pu y déceler tous les ferments d'une crise entre eux sous-jacente ou à venir…


À suivre…



entry 14/04/09 à 11h38
Le secret de l'exhibition, de la cohibition, au sein du couple, réside sans doute moins dans le rapport entre les deux « partenaires » que dans celui que chacun des deux entretient avec le sexe, et dans le rapport entre ces deux rapports. Il y a parfois à y œuvrer, éventuellement dans le silence.

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entry 03/04/09 à 16h57
Le rapport de forces entre la persévérance du dedans et celle du dehors est-il mesurable et convertible en quantité d'existence ?

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entry 03/04/09 à 10h21
La science n'est pas, elle n'entre pas dans le savoir, le savoir n'entre pas dans la conscience, la conscience n'entre pas dans l'existence, l'existence n'entre pas dans le corps.

Antonin Artaud


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entry 30/03/09 à 12h29
Ce qui se poursuit est-il visible ou invisible ? La durée est-elle du côté du phénomène ou de l'horizon ? En d'autre mots, que se passe-t-il dans le souterrain, tandis qu'au-dehors rien ne bouge ?

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entry 23/03/09 à 16h39
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entry 20/03/09 à 14h51
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